La fois où je ne rentrerai pas

Mariève m’a fait réaliser hier que cette année, même si je serai à mon poste à l’université, je ne serai pas étudiante. La fébrilité de la rentrée, pas pour moi cette année. Ce sera la 2e année consécutive, mais l’an passé, ça ne compte pas, j’étais en congé de maternité. Cette année, pour la première fois depuis ma maternelle, je vais regarder passer le train sans y être assise. Je n’aurai pas besoin d’aller m’acheter un nouveau morceau de linge pour la rentrée, comme je l’avais toujours fait. Je ne sentirai pas l’odeur de papier et de crayon neuf. Mais je vais assister à tout ça. Je vais voir les petits nouveaux qui ont 10 ans de moins que moi cherchant leurs locaux avec le petit stress d’une nouvelle étape qui commence. Je vais me trouver vieille, c’est sûr! Et je vais les regarder avec envie. Tous ceux qui sont bourrés d’illusions et qui vont s’asseoir à leur table espérant se faire nourrir l’intellect, juste un petit peu. J’envierai ceux qui auront un cours avec Thomas de Koninck, parce que je l’aime. J’envierai ceux qui seront initiés, même si je ne suis jamais allée à une initiation de ma vie. Moi aussi je voudrais aller prendre un pichet ou deux de bière dégueu au Pub, comme dans le temps et marcher 1h pour m’en retourner chez moi parce que j’ai manquer le dernier bus, parce que je ne porte pas de montre. Je ne suis pas allée au Pub depuis le 6 novembre 2004! Je m’en rappelle parce que c’était une fête pour un copain, à qui je parle par courriel, mais que je n’ai pas revu depuis cette date. Ma vie sociale était à l’université, depuis que je n’y suis plus, elle a pris une méchante claque. Je n’avais pas vraiment d’amis à l’université, mais beaucoup de connaissances, de chums de bar, de copains de beuverie. Parce que je virais sur un moyen temps dans ma folle jeunesse. Que ce temps me semble loin aujourd’hui…
Ça fait plus d’un an que je n’ai pas posé mes fesses sur un banc d’école, mais cette rentrée-ci, c’est la premièrement fois que je pourrais y être, mais que je n’y suis pas. Je ne pense pas que je vais être capable de m’en passer bien longtemps de l’école. Parce que j’aime ça. Parce que ça me manque. Parce que, bon!

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