Des Adieux

Parce que la vie est quand même capable d’être salope quand elle veut, après avoir perdu mon père, la vie a décidé de m’en enlever un deuxième. Mon vieux bum, qui était devenu le mari de ma mère a été emporté par le cancer il y a une semaine. J’oscille depuis entre la peine, la colère et l’incrédulité.

Comme plusieurs personnes m’ont demandé une copie de mon speech de funérailles, je le copie ici, ça va être moins de troub’.

Alors voilà:

Il y a environ 12 ans, j’étais ici et je m’apprêtais à faire la même chose que présentement pour les funérailles de mon père. Croyez-moi que je m’en serais bien passé. Mais, compte tenu des circonstances, je ne pouvais pas ne pas prendre le micro pour dire quelques mots pour Simon.

Je me souviens très précisément de notre première rencontre. C’était lors de l’anniversaire de mariage de Pat et Roger, il y a une dizaine d’années. Je n’étais pas vraiment invitée, mais comme je ne me prive jamais d’un lunch gratis, j’ai accompagné ma mère. Quand on a croisé Simon, il a lancé à maman :

– C’est ti la fille à Lulu?

Avec son grand sourire et ses beaux yeux bleus.

Je pense qu’on s’est aimé dès ce moment-là.

Quelques minutes plus tard, j’ai dit à ma mère :

-Simon, ça te ferait un beau chum!

Elle a répondu oui, avec un petit sourire gêné. Il était irrésistible, notre Simon.

Ça été un running gag dans la famille pendant 2 ans, jusqu’à ce que ça devienne, effectivement, son chum.

Je me pète les bretelles depuis ce temps, disant à qui veut l’entendre que c’est grâce à moi qu’ils étaient ensemble.

Simon est arrivé dans notre famille comme s’il avait toujours été là. Il nous a adoptés et on l’a adopté. Instantanément. On se demandait comment mes enfants allaient l’appeler : Grand-papa? Papi? Finalement, c’est mon fils ainé qui, tout naturellement, l’a baptisé Papou. De Sam qu’il était pour tout le monde, il est devenu pour nous, Papou.

Des 8 ans que Papou a passés dans notre famille, je retiens un nombre incalculable de niaiseries, d’éclats de rire et d’amour. Je n’oublierai jamais ton grand cœur, ton regard pur et ta bienveillance à mon égard.

Je t’ai aimé comme un père et je suis heureuse que mes enfants aient eu le privilège de t’avoir dans leur vie.

Je vous laisse sur ses mots : « Gardez votre sourire, ça vous fait ben! »

Salut Papou!

Veille sur ma mère!

J’espère qu’y vendent d’la .5 au ciel.

Si on n’était pas dans une église, j’te dirais que je t’aime en tabarnac, mais je vais me garder une petite gêne.

Love you.

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