Petits bonheurs (et grands!)

Bon, c’est fait là. Je me crois. Je le crois. Je suis vraiment enceinte! Je suis la joie faite femme, le bonheur incarné. Y a d’la vie dans mon moi-même. À moi toute seule, je suis deux. Je marche sur la rue en je dis « Salut » aux gens que je rencontre. Moi, Ysa-la-pas-sociable-pour-deux-cennes! Ça doit être ça le bonheur!
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Je suis allée rencontrer ma vendeuse de couches de coton ce matin. Je suis très emballée. Ça l’air tellement simple! C’est la marque Alicot, produit québécois en plus. C’est un bon montant, mais bon, ça va être rapidement amortis, au bout du compte. Je vais commander cette semaine. Du coton pour les mini fouf de Babe, Yeah!
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Ma maman s’en vient, d’une minute à l’autre. J’ai hâte! Elle vient pour la fête de Babe et après on s’en retourne en Gaspésie avec elle. Donc, je me déblogue jusqu’à la semaine prochaine. Il devrait faire beau. Il faut absolument que je trempe Babe dans la Baie-des-Chaleurs. Et moi donc! J’ai du mal à passer l’hiver si je n’ai pas ma petite saucette annuelle. Quand j’y suis allée, début août, il faisait un froid de canard! Alors je nous souhaite la plus belle des fins de semaine au rythme du blues

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11h11 ou les hormones dans l’tapis!

Il y a 3 ans, en juillet 2003, probablement vers le 25, en tout cas, dans ces jours-ci, j’arrêtais de prendre la pilule. Je voulais un bébé depuis longtemps. J’avais réussi à convaincre le chum qu’être aux études n’était pas un inconvénient, au contraire, on aurait bien plus de temps libre. Je le voulais tellement ce bébé là. Mais, j’ai attendu, un mois, puis trois, puis six. Après un an, je n’y croyais plus. Finalement, en novembre, 16 mois plus tard, je ne le savais pas encore, mais j’étais enceinte. Un vendredi soir, 3 décembre, je fume tranquillement une cigarette, comme si c’était la dernière et je vais m’acheter un test de grossesse. Positif! Je ne m’attendais pas à ça. Ni mon chum. On n’en revient pas. C’est vrai de vrai. On va être parents! Le 2 août 2005, il y aura un an de ça mercredi, je mettais au monde ma merveille, mon amour, mon petit Babe à nous tout seul et à personne d’autre et je goûtais enfin au véritable bonheur.
Mon gros Babe était allaité depuis sa naissance. Et puis, juste avant ses 10 mois: terminé! Il ne voulait plus. J’en ai parlé à une amie, de la peine que ça me faisait et elle savait qu’on commençait à penser à Babe #2. Elle m’a dit: « Tu penses pas qu’il le sent Babe. Qu’il laisse le sein pour faire la place à un autre ». Bof. Mais ça me consolait d’y penser, de me dire que si je n’allaitais plus, j’allais recommencer à ovuler.
Et puis, il y a deux semaines, je l’avais déjà écris ici, j’ai fait l’amour à 11h11 et j’ai fait un voeu.
Et après, j’ai eu mal au ventre.
Et j’ai pleuré en écoutant Ramdam.
Et je me suis posée 1000 questions.

Et hier, j’ai pissé sur un bout de plastique et j’ai vu ceci:

C’est tellement pâle, tellement irréel. Moi et mon chum, on pense que c’est les Insolences d’une caméra ou quelque chose comme ça. Ça marché du 1er coup! Première ovulation après allaitement. Contrairement à la première fois, je ne me mettais pas de pression. Ce n’étais pas grave si ça ne marchait pas tout de suite. J’étais comblée avec mon Babe. Ah! Pas de règles pour encore un grand bout! Yes!!! Je vais refaire un autre test un peu plus tard, mercredi, je pense. Le jour de la fête de mon grand. Parce que c’est tellement tôt, tellement fragile. Pour Babe, la ligne était tellement foncée, tellement là. Et celle-ci qui fait tenir la vie à un fil on dirait.

Je ne savais pas si je devais en parler tout de suite. On va attendre quelques jours avant de le dire à nos familles, question qu’on y croit nous-mêmes avant de le dire à d’autres.

Pour le moment, chuttt. C’est un secret. C’est juste entre vous et moi!

Les rêveries de la promeneuse de poussette

Lors de mes longues marches avec Babe, je réfléchis. Quand je marche en général, je réfléchis. Des réflexions très profondes comme vous pourrez le constater. Je rigole aussi quand je marche. Parce que je marche dans mon coin, quartier St-Sauveur/St-Roch et que dans mon coin, il y a des gens bizarres.
Alors réflexions du jour:

Dialogue intérieur

Promenade sur le Boulevard Charest qui est TOUJOURS en construction.

Moi: coudonc, c’est tout le temps en construction ce boulevard-là!

Moi: Mets-en!

Moi: Coudonc, je vois le chantier, mais il n’y a pas un chat qui travaille! Ben, c’est ça, bloquez les rues, pis travaillez pas gang de col de bleus de crotte! Ça travaille jamais, pas pour rien que c’est toujours en construction…

Moi: Euh, c’est parce que c’est les vacances de la construction… calme-toi un peu madame hormones!

Moi: Oups…

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Tacos

Quand je passe devant un resto mexicain et que je vois des Mexicains y manger, j’ai toujours l’impression que c’est bon. Tsé, des vrais Mexicains iraient pas manger là si ça ne goûtait pas le vrai mexicain!
À moins que ce ne soit les propriétaires!

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P’tit change

Quand je me promène et que quelqu’un me quête du p’tit change, je dis toujours: « J’en ai pas. Désolé ». Et bien, je ne suis même pas désolé pour vrai! Non, mais c’est pas comme si je faisais exprès! J’ai jamais une cenne dans mes poches.
La prochaine fois, je ne dirai pas que je suis désolé. Je n’aime pas mentir.

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Dipuquoi?

Me dirigeant vers Saint-Vallier, j’ai rencontré une dame qui me faisait un peu pitié. Elle devait avoir 70 ans et me racontait qu’elle n’avait jamais pu avoir d’enfant et qu’en plus elle n’avait plus ses parents. Pour être honnête, je m’en fiche, mais elle faisait pitié quand même! Et là, elle me dit:

Madame: Ma nièce, elle a eu un bébé.

Moi: Ah! Bravo!

Madame: Elle a eu une dipurale, tsé quand le bébé veut pas sortir.

Moi: (Ne voyant vraiment pas de quoi elle parle) Ah! Le mien, il voulait sortir alors je n’ai pas du avoir ça!?!

Madame: Tsé là, une dipurale, une piqûre dans la colonne vertébrale! Il parait que ça fait ben mal

Moi: (Me mordant l’intérieur des joues parce que je ne voulait pas trop rire, comprenant enfin de quoi elle parlait) Ah! ça fait peut-être mal, j’en sais rien, j’en ai pas eu de ça moi, une dipurale!

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Nous on est dans le ven-en-ent

Discussion d’épicerie

Madame de 60 ans: Heille, est belle ta fille

Moi: Merci, c’est un gars!

Madame de 60 ans: Comment il s’appelle

Moi: Babe

Madame de 60 ans: Ah ouin, j’ai un cousin qui s’appelle de même, c’est la mode faut croire.

Moi (dans ma tête): Euh, ya quel âge ton cousin? 54 ans? C’est sûr qu’on peut parler d’une grosse mode ici! Nous autres, on est comme ça, on a choisit le nom de Babe parce que c’était à la mode. Regardez-nous l’air, on a tu l’air juste un peu à la mode à ton goût madame!

Moi (pas dans ma tête): Euh, héhé, ouin

Un p’tit peu d’mon chum

Mon chum, il a des idées étranges parfois. Il pense bizarre! Hier, il voulait absolument que j’écoute le dernier épisode de « Destination Norouest », je n’avais rien d’autre à faire, alors je me suis assise à reculons devant ce bon programme que je ne connaissais pas. Mon chum avait découvert ça la semaine passée et il trouvait ça ben-ben-ben l’fun.
Générique du début: Plein de jeunes hommes barbus et ayant l’air un tantinet crottés (ce show, c’est « l’aventure de neuf jeunes ayant entrepris un voyage entre Lachine et Winnipeg à bord d’un canot d’écorce pour revivre le périple des Voyageurs sur la route des fourrures »). Je trouve que ça commence bien, parce que moi les barbus, ça me plaît! À plus forte raison quand ils ont l’air crottés!
Un de ces forts jolis barbus s’appelle Renaud.

Moi: Ah! Renaud, c’est beau ce nom-là! *soupir*

Chum: Oui, pas pire

Moi: Comment ça pas pire? Tu trouvais ça laid ce nom-là je te signale. Tu n’as jamais voulu qu’on appelle Babe comme ça!!

Chum: Ben, c’est pas un beau nom pour un 1er bébé.

Moi: Hein? Pour un 1er c’est laid, mais pour notre prochain, tu voudrais qu’on l’appelle Renaud??

Chum: Ah! Toute façon, notre 2e, ça va être une fille.

Fin de la discussion.

Et bien! Il y a des noms qui sont beaux pour un aîné et d’autres qui sont juste beaux pour les suivants… j’aurais pas cru ça!

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Personne ne me croit quand je dis qu’il est bizarre mon chum. Pourtant, c’est vrai! Il est un peu timide mon chum. Ou plutôt réservé. Quand on est en public, il a l’air d’un ange. Calme. Tranquille. Je pense qu’il n’y a que moi qui sait ce qui se cache sous cette barbe de pince-sans-rire (NDLTM: J’avais ici fait une faute et écrit pine-sans-rire, je m’en suis rendue compte avant de poster mais je trouvais ça trop drôle pour ne pas le souligner! Une trapue-pine-sans-rire! Que je ris, que je ris). Mon chum, il fait tout le temps des jokes niaiseuses et moi je les ris chaque fois. Comme une vraie folle. Il ne veut toujours pas chatouiller ma mère quand il la voit par contre. Même si ça fait 2 ans que je lui demande de le faire. Peut-être que ça va venir. Mon chum, il rit aussi de choses qui ne sont pas drôles. Dans le film qu’ils ont tiré de « Las Végas Parano » de Thompson, un moment donné Jonnhy Depp est fâché contre je ne sais trop quoi et il dit: « Enflure démoniaque ». Ça c’est le genre de choses desquelles mon chum ne se remet pas. Il peut faire rewind 12 fois pendant qu’on écoute un film pour réentendre une réplique comme ça. Et il rit, il rit. Je veux dire, c’est pas si drôle que ça quand même!
Si jamais vous rencontrez mon chum et que vous pensez qu’il est sérieux, moi, je vous dis que vous avez tort.
EDIT: Tenez, il a l’air de ça mon chum… ça lui ressemble comme deux gouttes d’eau!

Des jours comme ça…

La plupart du temps, j’aime ma vie. J’aime la mère que je suis, la blonde que je suis, la femme que je suis devenue. La plupart du temps je m’émerveille de tout et de rien. Je ris de tout et de moi en particulier.

Mais il y a de ces journées où je ne me trouve pas assez intelligente, pas assez cultivée, pas assez bonne maman, pas assez bonne blonde, pas assez bonne cuisinière, pas assez jolie, pas assez mince, pas assez riche. Des jours où je me dis que je devrais lâcher ma job et aller porter des CV pour enseigner au Cégep. Les comm. ou la politique ou la philo. Où je regrette d’avoir lâché le journalisme, car malgré les problèmes moraux occasionnés par le fait de contribuer à remplir les poches de Quebecor, j’aimais ça. J’étais fière de réussir à créer mon petit bout de liberté malgré les contraintes. Parce que j’étais la seule à ne pas coucher avec tout le monde dans la boite pour faire la Une. Parce que j’avais toute la prétention de mes 19 ans. Ces jours-là, je braille en écoutant Ramdam, quand Manolo n’est pas gentil avec M. Mongeau! Je pleure quand mon chum me dit qu’il aime. Et aussi quand il ne me le dit pas. Ces jours-là, je vois la job qui m’attend en septembre comme impossible à faire. Je pense que je n’y arriverai pas. Je vois mes dettes comme un obstacle insurmontable. Mon chum, il dit que je fais du Ti-Lulu! Tu-Lulu étant feu mon illustre et bipolaire-non-soigné de papa. J’HAIS ça quand mon chum il me dit ça! Parce qu’il ne le connaît même pas mon père, parce qu’il l’a vu juste 3 fois mais principalement, parce que c’est vrai : Je fais du Ti-Lulu! Je ne sais pas si vous connaissez la toune de Fred Fortin « Que je t’étranglerai ». Ça dit dans cette toune : « Si t’avais connu mon père, tu m’apprécierais sûrement». Mon chum ça le fait rire parce qu’il trouve que ça s’appliquerait bien à moi.
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Maudites hormones!!

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Je viens de faire un test de grossesse parce que le dernier, il était en spécial. Tsé, je ne suis pas le genre de fille à faire confiance à un test de grossesse en spécial! Et là, et bien, c’est pire! Parce que je PENSE que je ne suis pas enceinte! Penser comme dans : ne pas être sûre! Parce que c’est le genre de test qu’on voit un peu le + qui devrait apparaître. On le voit comme à travers, mais pas vraiment pour vrai. Juste pour nous mélanger comme il faut.

Comment on gage que je fais un autre test avant la fin de la semaine! Ça va juste faire trois en une semaine. Les nerfs, la tite mère!!!

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Et aussi quand Blogger marche tout croche et que je ne suis pas capable d’écrire un commentaire, ou de corriger un « p » surnuméraire, j’aime pas ça.

Dans la catégorie trapue: Mon vécu!

Je sens le besoin de revenir sur ma trapue culture vide, parce que je pense que mon message là-dessus ne reflète pas exactement ce que je veux dire. Je ne voulais pas parler spécifiquement de littérature, premièrement. Et deuxièmement, je ne voulais pas insinuer qu’il fallait absolument avoir tout vu, tout lu les grands et vieux auteurs. Du tout. Je ne parlais que de moi. Parce que j’estime que le vécu d’une personne, c’est ce qui la construit. Le vécu, c’est plus important que la culture. Les gens sont riches de leur vécu. Comme Kiwi qui a gagné une bataille contre l’infertilité. Ou comme tant d’autres qui ont vécu, tout simplement. Et bien moi, je vous résume mon vécu à moi :
Je vais à l’école depuis 21 ans
Mon seul voyage a été deux semaines dans un tout inclus à Cuba
Je ne me suis jamais battue contre quoi que ce soit

Donc, du vécu, et bien, je n’en ai pas! Alors pour compenser, j’essaie de lire, de voir des choses, d’apprendre d’autres langues. J’essaie de voyager bien calée dans mon sofa. J’essaie de vivre à travers les personnages de Guillaume Vigneault, Christian Mistral ou Jacques Poulin. J’aurais préféré voir la Grèce que me faire venir un vidéo de la Grèce. J’aurais préféré voir l’Italie plutôt que de déguster la bouteille d’huile d’olive que ma mère m’a ramené de là. J’aurais aimé ça voir du pays, comme ma petite soeur. Mais, je ne l’ai pas fait.

Alors je lis, j’essaie de voir des films, d’écouter de la musique. J’essaie de me dépayser. De m’ouvrir à tous les horizons possibles. Mais, ça ne me suffit pas. Je trouve toujours qu’il me manque quelque chose…

Poubelle!

Est-ce que ça arrive parfois chez-vous que votre sac à poubelle est mal accroché sur votre poubelle et que, donc, il tombe un peu vers l’intérieur de ladite poubelle ce qui a pour effet que lorsqu’on jette des choses dans la redite poubelle, ça ne tombe pas vraiment dans le sac mais un peu dans le bac de plastique?

Ici, ça arrive!
Pis j’hais ça!

Ma trapue culture vide!

Après la trapue pine, allons-y pour quelque chose de moins épais… quoique… ma belle, grosse, trapue culture vide! Je parlais d’intelligence l’autre jour, mais il n’y a pas juste de ça que je manque. De culture aussi. J’aime bien en rejeter l’entière responsabilité sur le système d’éducation, c’est plus facile. En fait, je sais beaucoup de choses. Je connais toutes une panoplie de classiques que ce soit en littérature, cinéma, philosophie, musique, amenez-en! Je peux vous enfiler une suite de titres, d’auteurs, de réalisateurs. Mais, pour la plupart, ne me questionnez pas davantage sur toutes ces choses, parce que je serai obligée d’avouer mon terrible secret: je ne connais rien de plus de ses oeuvres que leur titre et leur auteur. Une grosse culture vide. Une grosse culture comme un cours de littérature au Cégep. Regarde-moi ça la belle liste d’affaires qui se placent bien dans une conversation pour avoir l’air ben ben culturée! Moi, j’ai lu le Cid de Corneille. La plupart des gens de mon âge ont lu le Cid de Corneille. Est-ce que ma culture, est-ce que ta culture repose sur le Cid de Corneille? Peut-être un Molière aussi? Et un Tremblay? Ça me déprime de voir la liste de livres que je considère qu’à mon âge j’aurais du lire et que je ne lirai jamais.
Oui, j’en ai lu quelques-uns des livres. Oui, c’est probablement au cégep que j’ai entendu parler de Jacques Godbout, Jacques Poulin, Lionel Groulx ou Claude Jasmin. En fait, non, je n’en ai jamais entendu parler, mais leurs noms étaient mentionnés dans mon livre de Littérature québécoise.
Et non, je ne suis pas du genre à faire semblant d’aimer un livre parce que ça fait bien, ça fait intello. Je déteste Marcel Proust à m’en confesser. Je n’ai pas réussi à terminer le premier tome de sa Recherche du temps perdu. Le seul livre que je n’ai pas réussi à terminer de toute ma vie. Il m’arrive de me battre avec un livre, mais je suis trop orgueilleuse pour m’avouer vaincue. Mais, devant Proust, je m’incline. C’est au-delà de mes forces.
Et si on sort de la littérature, ma foi, c’est pire encore!
J’aime être capable de reconnaître un clin d’oeil d’un auteur ou d’un réalisateur à une autre oeuvre, et en général, je ne crois pas que j’y arrive très bien. Et ça me frustre. parce que je me sens nulle!
J’essaie de lire, d’apprendre, de réfléchir, de discuter sur tout, j’essaie d’ouvrir mes horizons sur un maximum de choses. Mais, j’ai toujours cette impression qu’il est trop tard. Que j’ai découvert trop tard le vide intersidéral que constitue ma culture.
Ben coudonc! Au moins, moi, je le sais!